La malédiction

Métro

Chers lecteurs,

Me voici tout juste rentrée des vacances de Noël.
Cette année a vu défiler une sorte de best of de toutes les emmerdes des années précédentes, un festival ! salade ! tutti-frutti ! la totale… prêts ? (Ceux qui arrivent, je vous propose un petit récapitulatif des années précédentes : cliquez sur les jolis visages pour lire les mésaventures de chaque Noël).

Noël 2017

(embouteillages, doigt cassé, voiture volée, gastro, engueulades, saucisson pourri)

Noël 2018

(tentative de fuite, vol annulé, rhume, Novotel de Bagnolet, croisière fatale)

Noël 2019

(re-gastro, bras cassé, contagion, boomer Airbnb maniaque)

Noël 2020

(Crotte de bite, bûche écrasée)

Noël 2021

(Covid, squid game, privée de réveillon)

Et voici 2022 !

Les vacances ont commencé par une petite resucée de covid en amuse-bouche : bon, je gère : j’ai reconnu les symptômes tout de suite, j’ai fait un test PCR, j’ai mis un masque, je suis rentrée chez moi et j’ai dormi pendant une semaine malgré le bruit produit par mes voisins du dessus très en forme {cf le clapier : UPDATE, nouveaux colocataires ! Ceux-là passent l’aspirateur à minuit et font tourner leurs machines à 4h du matin pour sauver la planète me dit le vingtenaire à poil qui m’ouvre, très surpris de mon courroux, quand je monte frapper à sa porte avec ma gueule de zombie en FFP2.}

À peine remise, j’enchaîne avec la fête de l’IME : toujours un grand plaisir d’aller déjeuner avec nos gogos (qui ne nous manquaient pas trop, on les a vus le matin et on les retrouve le soir). Mon ex-mari se pointe avec son Tinder du jour, une jolie péruvienne qui ne parle pas français et qui assiste, médusée, à la crise de nerfs géante de Rose qui refuse de manger, de chanter, d’ouvrir les cadeaux et qui commence à se masturber à table histoire de bien fignoler cette charmante journée. (Evacuation du Tinder en urgence, désolado, Roso esta dé mauvaise humor, escusa y casse-toi, obrigado). J’enferme ma fille insupportable manu militari en salle de branlette et je décide que cette 18e fête de gogos sera ma dernière.

Le lendemain, nous avons rendez-vous à Necker, en orthopédie, pour configurer un nouveau corset à ma fille de 18 ans qui n’a toujours pas fini sa croissance (6 ans de corset au compteur, dis donc, comme le temps ne passe pas vite) Mon ex, arrivé en avance comme toujours, réitère ses exploits de la consultation d’ophtalmo : il se bat avec un autre patient (un gros type en jogging qui a failli le tuer, dommage).

J’arrive, moi, à l’heure et je croise mon ex, furieux, en nage, hystérique. Je lui demande où il va et il me hurle qu’il cherche notre fille, qui s’est enfuie en courant dans les couloirs de Necker pendant la baston et que c’est de ma faute parce que je ne suis pas foutue d’arriver en avance (sic).

Ensuite, je choppe la grippe à une soirée. 100% de contamination des convives, du jamais vu. La foire aux postillons, la teuf du virus : relégués par le covid aux oubliettes pendant 2 ans, les microbes sont très énervés. Tous au lit avec 39° pendant 4 jours, l’enfer. Ou presque, car le VRAI enfer c’est que la scoliose n’attend pas et qu’il a fallu aller faire le moulage en plâtre du corset de Rose (qui a aussi attrapé la grippe pour faire bonne mesure).

Mais il est temps de dégainer mon joker ! Ah ah ! Je ne me laisse pas abattre ! J’ai booké une semaine de colo adaptée pour Rose, question de survie pour nous deux. Le lieu du séjour est proche de chez mes parents en Auvergne, coup de bol. Le groupe, qui vient de Paris, est très en retard. Nous les attendons, Rose, mes parents et moi, au Burger King de la ZUP de Clermont-Ferrand, entre Mobalpa et le Gigastore Marc Dorcel pendant 3 heures. (À mon retour à Paris, je trouverai dans ma boîte à lettres le rejet de ma demande de subvention pour ce séjour et celui de l’été dernier, 2000€ la semaine à chaque fois : je ne peux plus vendre mon corps à mon âge … un rein, peut-être ?).

Mon ex – toujours très énervé – refuse que Rose parte en séjour adapté (mais ne veut pas la garder non plus) et menace la directrice de la colonie de représailles judiciaires pour enlèvement d’enfant majeur en hurlant au téléphone.

Pendant ce temps-là, Axel, parti d’Auvergne pour aller chercher les Toufaits à Orly, apprend que leur vol est annulé. Il décide de les attendre au centre commercial de Thiais toute la journée. (Mange des moules chez Léon de Bruxelles et va voir Avatar 2 en 3D, enfin une bonne journée de vacances). La pétasse de Transavia à Tunis refuse de les laisser partir dans le vol suivant sans payer un supplément (et ils n’ont pas d’argent). Leur beau-père retourne pour la quatrième fois à l’aéroport payer le supplément qui leur permet de décoller et nous nous retrouvons tous, enfin, les parents, les beaux-parents, les neveux et nièces, les cousins et les huîtres dont nous avons appris trop tard qu’elles étaient rappelées par le Auchan de Saint-Amand-Montrond.

Dès que le rhume monstrueux que j’ai chopé après mon intoxication alimentaire est terminé, je réfléchis à un plan de contre-attaque pour l’année prochaine.

Bonne année quand même.

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22 réflexions sur “La malédiction

  1. Chère Zoé, j’attends toujours d’être dans le métro (assise si possible) pour lire votre blog.

    Je ris et les gens me regardent toujours bizarrement alors je poursuis ma lecture et mon fou-rire et j’avoue qu’à chaque fois ça marche. Une mention spéciale pour l’ex filtration du Tinder péruvienne.
    Merci et bonne année à vous

  2. Chère Zoé,
    Je ris toute seule en lisant chaque épisode et je le partage.
    A quand l’adaptation sur grand écran ?
    Bonne année

  3. A chaque fois, je me dit que je me suis rarement autant marré et que le prochain, forcément, sera décevant. Que nenni ! C’est exactement l’inverse. Meilleur qu’une série Netflix, où généralement le teaser et la première saison atteignent le climax. Chez toi c’est tout l’inverse. Plus ça avance et meilleur c’est ! Cet épisode comiquement génial (mais tu sais que je suis également un être humain compatissant!) n’échappe pas à la règle. Il m’a fait encore plus bidonner que le précédent qui déjà, n’était pas piqué des vers. Bravo, j’ai coupablement (je sais c’est ignoble) hâte de lire le suivant…

  4. J’adore lire vos épisodes , c’est un grand plaisir à chaque fois…mais quel courage pour affronter tout cela. Bonne année Zoé, une belle et heureuse année 2023!

  5. Ce talent pour raconter des histoires. Assez heureux de ne pas faire partie de cette dernière. Ouf ! Tout fut normal !
    Allez 2023 commence bien, BONNE ANNEE ma chère Zoé

  6. À chaque fois tu me fais culpabiliser de rire des malheurs d’une amie … mais quelle plume, on y est ! comme toujours
    Bon courage !!! … et bonne année

  7. Toujours aussi sympathique.
    Vous arrivez à me faire rire et presque à me donner envie de rester en France.
    Bravo, Felicitation. Vous etes très forte. Et toujours aussi rigolote.

  8. Dis zoe, C’est possible de faire pire l’année prochaine ??? Respect ! Bises et bon début d’année (un jour après l’autre)

  9. Zoé, tu m’avais prévenu au téléphone… et en effet, c’est pire que jamais !?!
    On a même l’impression qu’il a fallu écourter quelques passages pour rester dans le calibrage d’une chronique… c’est dire !

    Toujours autant de talent… ça sauve tout 🙂

  10. Bravo, c’est brillant, drôle, super bien écrit, et quel plaisir (un peu sadique, pardon) de relire les épisodes précédents. Le meilleur remède à la déprime de début d’année…

  11. WTF + LOL + Ton talent au cube = IRL + second degré.
    Je vote Zoé Présidente ;o)
    On se fout de quoi tellement tu transformes le « pas banal quotidien » en « œuvre d’art burlesque »

    Passe une belle journée, semaine, année.
    Bises,
    Luc

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