Le train

Gogo, Métro

La rentrée se déroule sans anicroche pour le moment, mes amis.

Chez les Toufaits, l’héritier du titre a gagné une tranquillité bien méritée après tous les tracas que ses parents lui ont fait subir pour qu’il ait son bac (et il l’a eu). Il se repose désormais en fac, loin de Paris (la sélection naturelle de Parcoursup l’a envoyé à Reims), majeur et vacciné, seul aux commandes de sa propre vie. (« Wesh, c’est quoi une carte vitam ? Où c’est la CAF ? C’est payant le tram ? Ça se lave tous les combien les draps ? »).
BONNE CHANCE PETIT HOMME (et salut).

Rose a passé un été très à son goût, surtout grâce à sa semaine de vacances adaptées qui ont été bénéfiques à toute la famille. Elle a kiffé la chambre climatisée de l’EHPAD de banlieue qui accueillait le séjour et s’est très bien entendue avec les autres gogos.

Je l’ai récupérée épanouie et heureuse, que ça me serve de leçon (pas la peine de l’emmener en Corse). Les deux autres Toufaits sont partis deux semaines avec l’UCPA apprendre à fumer des clopes et rouler des pelles. Nous avons aussi passé une semaine en famille au fin fond de l’Ardèche, département aussi dépaysant qu’un pays étranger (accueil tout en fraîcheur et mode locale pointue).

bref, nous avons passé un super été.

Nous avons même prolongé le kif par un dernier week-end au bord de la mer, juste avant la rentrée. D’habitude, nous voyageons avec Titine mais comme nous n’avions que Rose, nous avons décidé de prendre le train. Parce que le train, c’est bien, Poupette aime ça. Et c’est une erreur qui a failli me coûter ma bonne humeur.
Petit débrief exutoire.

Step 1 : j’appelle Accès Plus pour acheter des billets pour personnes handicapées. Le numéro n’est plus attribué. Je vais sur SNCF connect et après avoir défoncé 3 ordinateurs de rage, je me décide à acheter des billets normaux sur TrainLine. (heures perdues : 2)

Step 2 : la veille du départ, je reçois un sms survivaliste de la SNCF qui me demande d’emporter de l’eau et de la nourriture si jamais le train « devait subir des retards importants ».

Step 3 : le jour J, nous faisons la queue pour franchir les tourniquets d’accès aux quais : Rose adore ce genre de bain de foule, c’est chouette. Je prie pour qu’il n’y ait aucun mouvement de panique : je n’ai jamais mis les pieds dans un stade, ce n’est pas pour finir écrasée contre un portillon de gare avec 900 personnes qui vont passer un week-end à la Baule.

Step 4 : Les wagons ne sont pas numérotés dans l’ordre. Ça nous fait un petit jeu de piste, c’est rigolo. La voiture 5 ? Elle est entre la voiture 2 et la voiture 11, madame. Heu, de quelle rame ? Ah ça, je ne sais pas, vous verrez en avançant avec vos bagages et votre fille handicapée ahah.

Step 4 : Le personnel de bord nous tient la jambe pendant 10 minutes à travers les hauts-parleurs de la voiture 5. Le chef de train (Patrice) le conducteur (José) le barista (Christophe) nous pètent les coucougnettes à grands coups de recommandations (ne sautez pas du train en marche, achetez des tickets de métro pour votre retour à Paris, assurez-vous que vous n’avez rien oublié dans le train, vos bagages doivent être étiquetés, il n’y a actuellement pas d’attente au wagon restaurant profitez-en pour découvrir notre sélections de boissons chaudes-zé-fraiches, toute l’équipe se joint à moi pour vous souhaiter un agréable voyage).

Step 5 : Nous arrivons à Nantes. Changement de train. Il y avait un train direct, avant, mais il n’existe que jusqu’au 31 août, désormais. (Et nous sommes le 1er septembre, ai-je vraiment besoin de le préciser ?). La gare de Nantes est neuve, entièrement restructurée après 150 ans de travaux et pourtant, notre quai n’est desservi par aucun escalator, aucun ascenseur. Il faut emprunter les bons vieux souterrains qui sentent le pipi et deux volées de marches pour trouver le quai de départ de notre deuxième train.

Step 6 : un TGV passe à toute blinde sur le quai d’en face, manquant de faire 125 morts. Le deuxième train est obligé de nous attendre car personne n’a réussi à faire le changement dans le temps imparti.

Après, il y a eu un incendie sur la voie et le train a été immobilisé pendant 2 heures. Patrice, le chef de train, nous a tenus informés de l’évolution de la situation toutes les deux minutes et nous sommes finalement arrivés à bon port en les excusant de la gêne occasionnée. La SNCF, t’es pas près de me faire préférer le train.

Rattle that lock, la SNCF vue par Pink Floyd.

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8 réflexions sur “Le train

  1. Forcément compatissant vu que moi aussi, je prends le train uniquement lorsque je n’ai pas d’autres choix (en fait, c’est Alex qui m’inflige ce supplice « parce que le train c’est cool, c’est rapide, et on peut dormir pendant le voyage, on arrive tout frais, comme si on n’avait pas voyagé » me dit-elle)… No comment. Et je rajoute à chaque fois: »Et ça coûte deux fois plus cher que de prendre la bagnole, j’adore ça. C’est ma grande passion de foutre un quart de mon salaire dans un billet de train qui arrive systématiquement en retard ». Bref, on a le même constat, le train, c’est bien, surtout pour les autres. 😉

  2. Toujours aussi truculents tes récits et autres anecdotes !
    C’est sans doute pour les mêmes raisons que j’ai déserté les quais de gare depuis bien longtemps …
    Ce fut une joie de te revoir à Versailles
    Je t’embrasse,
    Philippe

  3. J’ai eu des vacances infernales. Je voudrais en faire profiter de gentils lecteurs. Comment faire ? Ça me ferait du bien de me délester de ce cauchemar qui a duré 6 semaines.
    Bravo pour ton sens de la synthèse humoristique !

  4. On s’y croirait! Toujours aussi bien décrit avec ces pointes d’humour qui donnerait presque envie de vivre la même aventure…

  5. Et dire qu’il y en a qui renoncent à l’avion et prennent le train pour sauver la planète. Quelle prétention !
    Et ont-ils calculé le coût des emmerds subis par les usagers de notre SNCF ?
    Encore une fois, bravo pour ta prose. Et quels bons dessins !!

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