Chaque année, je confectionne avec soin, amour et passion un album photo qui passe en revue tous les bons moments de l’année précédente.
C’est un immense travail : prises de vues d’enfants qui ne veulent pas poser (« Zoubi, c’est relou, là, tes photos »), tri des 5678 images mensuelles toutes plus belles les unes que les autres mais bon, il faut savoir faire des choix, mise en page soignée au fur et à mesure dans le logiciel dédié, guet de la promo qui va bien pour obtenir 50% de réduction en janvier, commande et attente du colis avec une impatience et une excitation disparues depuis noël 1985.
Arrive enfin le jour J de la livraison tant attendue. Gloria Alléluia, je suis tellement impatiente de découvrir mon album que, au moment où un SMS m’annonce que le livreur est passé sans me trouver, je choisis sans moufter un nouveau créneau en m’acquittant des frais de repassage de 1€69.
Une heure plus tard, mon conseiller bancaire m’appelle pour me dire que je viens d’être victime d’un phishing et que j’ai donné mon numéro de carte bancaire, la date d’expiration et mon cryptocode machin à des escrocs.
Bien joué, Zoé.
Voilà donc la vieillesse qui commence (continue ?), je fais désormais officiellement partie des personnes âgées qui achètent des traitements anti-mérule sans posséder de maison, du viagra sans posséder de b. et des trajets en blablacar à des chauffeurs fantômes.
Attention, je suis vieille, ok, mais pas complètement débile non plus : les conseillers de ma banque (CCF = ex HSBC = ex CCF, c’est compliqué, ceux qui savent, savent) sont injoignables, inexistants, inconnus au bataillon et je n’ai jamais réussi à en avoir un seul de toute ma vie au téléphone.
Celui-ci, malgré sa voix très chic, très patrimoniale, m’apparaît donc instantanément pour ce qu’il est : l’escroc qui vient de me piquer mes numéros de carte bleue. Il propose qu’on fasse ensemble « quelques manips de sécurité », c’est à dire qu’il espère me faire valider un achat en ligne qu’il est en train de programmer de son côté avec mon numéro de carte bleue, ce salopard.
Je lui demande de me répéter son nom et de s’authentifier, il raccroche. Bon. Je file illico sur mon espace bancaire en ligne, je bloque ma carte et j’appelle le centre d’opposition pour connaître la marche à suivre. La pépette du CCF m’assure que j’ai eu le bon réflexe et que ça arrive à tout le monde (ressenti : 85 ans) elle m’assure qu’il vaut mieux faire opposition. Je donne mon accord et elle me commande une nouvelle carte.
Fin de l’histoire, mises à part les moqueries de tous les résidents de mon coworking qui se foutent de moi à chaque fois qu’ils reçoivent eux aussi ce SMS qui ne piège personne.
Le lendemain, j’hallucine, le conseiller CCF me rappelle. Il se présente sous un nouveau nom, évidemment. Ce type me prend vraiment pour une demeurée, ma parole ! Je le traite de sale brouteur, je l’injurie, je crie que j’ai fait opposition sur ma carte bancaire et qu’il peut toujours se brosser pour me piquer du fric, cet enfoiré.
L’enfoiré, pourtant, reste en ligne au lieu de me raccrocher au nez comme la dernière fois. « Je suis vraiment votre conseiller bancaire, madame Viot », insiste-t-il. « C’est ça et moi je suis Catherine Middleton » je lui réponds, avant de lui raccrocher au nez. Ces mecs n’ont vraiment aucune limite !
Il a rappelé.
C’était mon vrai conseiller CCF.
Il voulait juste être sûr que l’opposition sur ma carte n’était pas une erreur de manipulation.
ps : J’attends toujours mon album photo.


Formidable pour un vendredi matin !!
La prochaine fois demande conseil à ton père !
Haha! tu m’a eu avec ‘la vieillesse qui commence ( continue)’. 🙂
non mais franchement, si maintenant les conseillers bancaires appellent spontanément, où va le monde ?!
J’aime commencer ma fin de semaine avec tes merveilleuses aventures de Post boomer !
En tant que spectateur j’ai bien apprécié ,
Au fait, y’a les douanes qui me demandent de payer une taxe pour que le colis que je n’ai pas commandé rentre en France, je fais quoi ?
ah ça suffit, toi. Bises aux méchants coworkers.
Ben dis donc Zoé, on est à des lieues de la petite môme qui écoutait « religieusement »mes cours d’allemand
Pas si « religieusement » que ça quand même ! Zoé, toujours l’œil et l’oreille à l’affût pour voir si la prof n’a pas dit une c……e ! C’est qu’elle a un esprit critique aiguisé, la petite du deuxième rang à droite !
Je m’inquiète pour elle ! Serait-elle venue au monde avec un nombre bien précis de neurones ? Et aurait-elle déjà épuisé tout son quota ???? Pas possible ça ! Je ne la reconnais pas, la Zoé du 2e rang ! C’est pas possible qu’elle soit tombée dans un piège pareil ! Je me dépêche de chercher sur internet une injection de neurones et je te l’envoie sur le champ !
Si je tombe sur un mec qui cherche à m’arnaquer, je te tends immédiatement le combiné téléphonique (ça existe encore ça ) car ta connaissance dans le domaine du vocabulaire des insultes est illimitée…. Me voilà de bonne humeur pour toute la journée !
Merci Zoé. PS: Je ne manquerai pas te faire appel à toi pour mes albums photos en espérant qu’ils arrivent
Moment suspendu dans cette dernière journée de la semaine !! Merci Zoé, toujours un tel plaisir de te lire !
Gros bisous, Flo
You made my day.
Merci Zoé
Merci Guy !
Tu es parfaite
Ne change rien
AH VOILA UN BON COMMENTAIRE, merci Stéphane de ton soutien 🙂
Les enfants disent vraiment « Zoubi » ? Je suspecte ce nouveau post d’avoir écrit par un broomer (un brouteur boomer). Vachement fort d’ailleurs car c’est aussi génial que d’habitude.
oui les toufaits m’ont vraiment baptisée Zoubi. Pas mal, le concept de Broomer, il faut écrire un blog, Didier.