la fête des mères

Gogo

Hé, les mères, c’est votre fête en avant-première sur mon blog aujourd’hui ! Exploratrice des travers féminins, je ne me lasse jamais de répertorier les différents archétypes de mes congénères femelles, surtout quand elles ont des enfants. Voici donc une petite sélection de quelques mères choisies avec soin et tendresse parmi les modèles les plus courants.

La dévouée

Jamais lassée. Increvable, toujours joignable. Même dans les soirées, elle couve des yeux son portable au cas où les enfants auraient un problème. Et ses rejetons l’ont bien compris, ils appellent daronne-SAV à 21h32 pour savoir où est le beurre (« dans le fridge, ma puce »), à 22h48 pour demander une rallonge de temps d’écran, à 23h15 pour fayoter les conneries de leurs ainés qui fument des cigarettes bizarres peinards dans leur chambre, bref, toutes ces choses urgentes et primordiales qui nécessitent d’emmerder leur mère au milieu d’un dîner. Si la dévouée n’a qu’un seul enfant, elle passe en catégorie obsessionnelle et vit en apnée pendant 18 ans à l’idée de lâcher la bride à l’héritier, puis en dépression le reste de sa vie car Junior la snobe malgré ses appels répétés et ses invitations à déjeuner.

illustration fête des mèresLa formidable

La mère de série américaine. La bien peignée qui fout la merde à l’APEL du bahut catho de ses mômes pour la répartition des stands de la kermesse. Fière de ses gènes et sûre de ses préceptes éducatifs, elle tourne en boucle sur les mérites de ses enfants qui sont au top, et ce n’est pas un hasard (petit clin d’œil complice). Un brin condescendante, elle plaint les nullipares, ces malheureuses, qui ont raté le coche. Car ses enfants ont véritablement donné un sens à sa vie. Toute conversation de plus de dix minutes avec elle retourne inlassablement au monologue initial sur ses gosses géniaux dont on se surprend à espérer secrètement qu’ils finissent drogués ou clochards.

illustration mère indigneL’indigne

Elle adore ses enfants, surtout en photo. Elle a vite coupé le cordon et se débrouille pour s’occuper le moins possible d’une progéniture qu’elle n’avait pas prévue si encombrante. Comme un père, quoi. Ses enfants ont dû faire preuve d’intelligence pour survivre et s’adapter : petits, ils se nourrissaient de gâteaux apéro tombés sous la table et enjambaient les invités endormis pour partir seuls à l’école le matin. Devenus ados, ils font les courses et vont chercher leurs parents trop bourrés pour commander un Uber à la sortie du club échangiste. Adultes, ils devront s’occuper de leur mère alcoolique et de leur père dépressif, fauchés et à la rue, en plus de leurs propres enfants (qui, eux, seront têtes de classe et auront la raie sur le côté).

Je suis, à vrai dire, moi-même une mère obsessionnelle, formidable et indigne. Je ne vis plus qu’à moitié quand ma fille n’a pas le moral, je la trouve beaucoup plus belle et beaucoup plus intelligente que tous les autres enfants du monde et je ne rêve que d’un truc, c’est qu’elle parte chez son père pour le week-end. OK, on est toutes un peu les mêmes. Sauf que moi, j’ai quand même un truc en plus, un plug-in spécial : je suis une gogo‘s mother.

illustration fête des mèresLa mère d’enfant handicapé

Maillon ultime de l’évolution, elle sait changer une couche à une ado aussi grande qu’elle debout derrière une voiture, elle recoud ses plaies sans anesthésie avec une esquille de défense de mammouth, elle bat le record mondial du 100 mètres en jupe et en talons avec trois sacs de courses pleins à ras bord pour rattraper un fugueur en pleine crise d’hystérie. Elle lave les dents du grand requin blanc pendant 20 minutes tous les soirs, elle nourrit le bébé phoque à la petite cuillère depuis 16 ans, elle se tape la Maison de Mickey tous les jours en décollant de la bouffe sur les fauteuils du salon et doit trouver une baby sitter pour aller boire une bière. Sans avoir reçu le moindre collier de nouilles ni avoir jamais entendu « bonne fête maman ».

Alors, bonne fête la dévouée, bonne fête la formidable, bonne fête l’indigne et surtout bonne fête à mes copines Gogo’s Mothers Marie, Gaëlle, Mélinda, Maïté, Anne-Clémence, Marylou, Amélie, Juliette, Amarantha, Pomme, Domi, Emmanuelle et Pauline.

Et bonne fête maman.

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34 réflexions sur “la fête des mères

  1. Formidable et touchant ! Bravo à la mère prix spécial du jury, qui n’oublie pas d’être une professionnelle accomplie !

  2. merci !
    en ce moment je change et lave le revetement du canapé tous les soirs ! j’ai du changer le canapé itself d’ailleurs pour cause de dégats dus au confinement, j’espère au passage que ça n’a pas été trop dur pour vous !

    1. Non, Rose a été cool j’ai eu de la chance. Mais elle a repris son cycle créatif de sculptures pain + bave, maintenant.

  3. J’adore – comme toujours., mais là encore plus. Tu es un grand exemple pour nous toutes (et tous). En revanche assez cool de ne pas recevoir les colliers de nouilles et autres Kdos…. je fais (encore) les cartons, et jeter = mère indigne

  4. Toujours aussi bien tous ces écrits, tu nous régales et la belle leçon que tu donnes avec beaucoup de gentillesse, surtout n’arrête rien et j’ai hâte du 2ème tome. A bientôt.

  5. Bonne fête à toutes les mamans ! Mais c’est surtout toi la gogo’s mother qui mérite le plus gros bouquet ! Ton humour et ton amour….nous reconfortent toutes et nous laissent baba d’admiration. Merci Zoé ! Je t’aime !

  6. Moi, arrière grand-mère, j’ai presque ma petite larme en lisant ça ….
    Ah, oui, les fleurs sans queue, les beaux dessins, les pots de yaourts incrustés de lentilles … Mais toi, Zoê, tu as sûrement des ailes d’ange sous ton tee shirt . Je t’embrasse et je t’aime
    Odile 81

    1. oui. La gogo’s mother guide le peuple. Donc, dès que le Louvre rouvrira, je serai ravie de lui montrer que les meufs de Delacroix ont les seins à l’air, comme moi.

  7. Toujours aussi drôle et tellement réaliste ! Bravo, ma belle Zoé, pour tes talents d’observation de toutes ces « Mères d’As » !
    je t’embrasse,
    Philippe

  8. C’est génial et tellement ça ! Je ne te connais qu’à travers ton travail, tes parents et bene, mais chaque fois que je lis tes trucs j’ai l’impression de parler avec une vieille copine ! Et la, tout spécialement… bravo pour ton humour décapant et ton talent !

  9. Excellent , j’ai hâte d’avoir la fête des pères, on fera encore moins les malins . Belle reprise , le déconfinement te réussi , bises.

  10. Et bien moi qui suis aussi une gogo’s mother j’ai eu comme cadeau de ma gogo’girl de 24 ans une mini plante grasse plantée, plutôt posée dans un petit coffret peint en vert (avec de la terre en plus).
    Son éducatrice me l’a gentiment remise en même temps qu’elle me rendait ma fille. Comme si je n’étais dèjà pas assez encombrée !!! sitôt posée sur un guéridon à la maison, sitôt arrachée par ma fifille qui a failli l’engloutir.
    Heureusement super gogo’s mother que je suis, ai sauvé la plante des dents du grand requin blanc et l’ai envoyée retrouver les herbes folles de la pelouse.
    Moi non plus je n’ai pas entendu et je n’entendrais jamais « bonne fête maman »mais j’ai reçu quelques coups de griffe pour marquer l’évenement.

    1. Très bonne fête des mères, en somme ! Moi aussi j’ai eu un cadeau …un livret de photos de ma fille avec les lettres de « bonne fête maman » en arrière-plan et un petit réveil à 4h cette nuit.

  11. Merci Zoé de toutes ces dérisions à mourir de rire qui font trop du bien à la vie !!! Hip hip hip à toutes les gogo’s mother! on trinque quand?

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