Bitch 2.0

Métro

Mon projet de fin d’études (d’arts graphiques) s’intitulait « Bitch! » et présentait une classification illustrée des différents types de garces. C’était en juin 2000 et de l’eau a coulé sous les ponts… Répertorier les salopes n’est pas exactement dans l’air du temps. Alors j’ai pensé que c’était justement une bonne occasion de ressortir le sujet de mes cartons (à dessins) pour continuer à rire de nos travers féminins, indépendamment de toute approche sexuelle parce que je ne sais pas vous, mais moi j’en ai soupé, du débat. Nous sommes toutes un peu dans chaque catégorie, je vous préviens, les filles. Quant à vous messieurs, circulez, y’a rien à voir, pas la moindre petite pétasse dénudée, désolée. Mais vous y reconnaitrez peut-être votre mère, votre belle-mère, votre (ex)femme, votre soeur ET votre fille.

Bonne lecture !On la rencontre partout, c’est la sans-gêne qui vous marche sur les pieds et qui ne se retourne même pas, qui jette sa clope en pleine nature et ne ramasse pas les crottes de son chien. Elle se qualifie elle-même de « grande gueule », elle « est entière », elle « dit ce qu’elle pense » et « on ne la changera pas ». C’est commode, ma poule. « Elle n’a pas de filtre », c’est comme ça. C’est elle qui met Starmania à donf le vendredi soir pour chanter avec ses copines, toutes fenêtres ouvertes jusqu’à 3h du matin. Ce qu’on peut penser de noOoous on s’en foOoouuut / on se foooout de toOoouuut / Quand on aaaaaaaa-ah plus rien à perdre. Elle profite de la vie, voyez. C’est une BONNE VIVANTE. Une bonne vivante qui, au restau, change de table une fois que tout le monde est installé, trouve que le vin est bouchonné, négocie le prix du menu, demande la sauce à part pour son tartare et réclame un autre accompagnement. Puis change d’avis quand le serveur est parti. Le rappelle, lui demande si c’est fait maison (l’accompagnement hein pas le tartare). Le serveur se renseigne. On attend. Il revient, il dit que non. Elle dit que, bon, puisque c’est comme ça elle prendra le dos de cabillaud. Ah désolé, nous n’en avons plus dit le serveur, au bord du suicide. Tant pis elle prendra le tartare alors. Avec de la salade. (Et une claque).

Comment l’utiliser ? Envoyez-la en mission pour les trucs relous qui vous fonchent mais qu’elle kiffe : scandale aux impôts (bonne chance), échange (impossible) de sous-vêtements dans les boutiques de lingerie, négociation (très risquée) avec la police, recouvrement (illusoire) des impayés de vos clients.

Cette dinde passe l’hiver à Paris et migre sur la côte Atlantique en été (gros spots en Bretagne Nord, au Pays Basque et à l’île de Ré). Elevée au grain dans les meilleures écoles privées bilingues de la capitale, elle a fréquenté les rallyes les plus huppés dans sa jeunesse, pedigree oblige. Elle parle avec une patate chaude dans la bouche sans faire exprès. Devenue adulte, elle a fait un beau mariage avec un prénom double à particule qui a repris les affaires de son père (à elle). Ils ont trois kids. Elle ne travaillait pas et puis finalement elle a eu envie de créer sa marque de bijoux pour enfants (qui a eu son petit succès, je dois dire, grâce au réseau HEC de Jean-Charles). Seule ombre au tableau, ils ont des problèmes de personnel. Pas moyen de trouver une nanny convenable, c’est A-HU-rissant. Pour les employées de maison c’est pareil, pas une seule maid correcte dans ce foutu pays. Toutes voleuses, menteuses et tire-au-flanc, question de culture, évidemment, que voulez-vous. Quand elle était expat’ laissez-moi vous dire que c’était autre chose, le service, et que franchement, à la première occasion, ils repartiront vivre en Asie, les kids sont hyper demandeurs, ils ont A-DOré Singapour et sont déjà bilingues en anglais. Vivre à l’étranger, cela offre une telle ouverture d’esprit !

Qu’en faire ? Essayez de vous incruster cet été dans sa super baraque à Saint-Briac ou à l’île d’Yeu. Utilisez le réseau de Jean-Charles pour pécho un nouveau taf, sirotez ses grands crus classés, faites-vous expliquer les bonnes manières, bref, cultivez-vous et rendez-la utile, elle se trouvera indispensable.

Celle-là, je ne peux vraiment pas la blairer. C’est la féministe inbaisable engagée et indignée. Zadiste poilue, elle est pauvre, célibataire, artiste et toujours malade. Végétalienne sans gluten addict au jeûne, elle bouffe des graines selon un programme (très) élaboré avec sa naturopsychopathe. Si par hasard vous vous retrouvez à côté d’elle, choisissez bien vos sujets de conversation sinon vous écoperez de sa tirade mélanchoniste anti-quelque chose ou pro-l’inverse (ça dépend des jours). Elle est superstitieuse (mauvais QI), acnéique (mauvaise hygiène), tatouée (mauvais goût), fume des cigarettes roulées (mauvaise haleine) et contemple du haut de sa grandeur méprisante ta misérable petite personne égoïste et bien-pensante (alors que t’as rien dit). Virée de la fac, la buse a fait son tour du monde avant de s’installer au Pérou pour aider les planteurs de chou Kale éthique locaux à s’organiser en coopérative. Malheureusement l’expérience a tourné court par manque de financement (= elle s’est fait jeter parce qu’elle était trop chiante). Elle est ensuite allée monter un collectif de street-art au Cambodge avec un type super qu’elle a rencontré à Katmandou, mais ils ont eu des divergences de vues sur la façon de faire les choses (= il voulait la sauter) et elle a préféré rentrer chez ses parents à Cergy en attendant la prochaine idée foireuse.

Utilisations possibles humm compliqué. Elle peut à la rigueur tenir un stand pour récolter des fonds pour les migrants à la kermesse si vos enfants sont scolarisés dans une circonscription de gauche, ou confectionner les banderoles de votre prochaine manif. Bon, PAS la manif un-papa-une-maman, hein. Plutôt celle anti-sélection à l’entrée pour l’université, ça lui parlera.

Vous devenez copines à une soirée branchouille où tu as été invitée par erreur et où ses potes ne sont pas encore arrivés. Elle s’écoute parler et te coupe la parole pour faire des réflexions désobligeantes sur les gens qui l’entourent, et qui l’entendent, (mais ça la fait marrer). Elle répond à ses textos (avec ses pouces) pendant que tu lui parles et te fait répéter tout ce qu’elle n’a pas écouté (« tu disais »? ). Accro à son portable, qui sonne, elle doit prendre cet appel et glousse pendant 10 minutes avec son interlocuteur. Et puis hop, la grue aperçoit quelqu’un de plus intéressant que toi et tu ne la reverras plus jamais. (Sauf sur facebook où elle draguera ton mec discrétos). Elle ondule avec grâce sur la piste en te tournant ostensiblement le dos et quand ses potes lui demandent qui tu es, elle répond « personne ». Tout ceci est bien normal ! Elle est plus belle et plus intelligente que tout le monde (en tous cas que toi, pauvre cloche). On entend son rire de gorge sexy à l’autre bout de la pièce, où elle trône entourée de tous les mecs potables de la soirée, hé ouais sa vie, c’est ça. Soit heureuse d’avoir pu l’approcher, déjà.

Comment rentabiliser cette expérience pénible ? Pique-lui son smartphone pour récupérer les 06 des pipeules bizness de son carnet d’adresses. Overbitche-la sans vergogne en racontant n’importe quoi (« mon père est PDG de Cartier, il adore ton blog »). Et casse-toi de cette soirée pourrie sans payer tes drinks.

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11 réflexions sur “Bitch 2.0

    1. Vu. Les petits filets gris très chics sur ordi se transformaient en pavés blancs sur smartphones 🙂 Merci, Bitch !

  1. Ah Zoé tu me fais rire avec ces portraits bien ficelés. Effectivement, on a tous déjà croisé au moins une fois ce type d’oiseau . Féministe que je suis , tu devrais faire la même chose pour les mecs, ça ne devrait pas être trop dur . Bizous
    Xavier

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