Le Groupe de Parole

Gogo

 

Nous, les parents d’enfants handicapés, aimons nous réunir pour parler des petits travers de nos chérubins, comparer leurs progrès et échanger des photos.

AH vous m’avez crue ?? N’importe quoi … les parents d’enfants normaux arrêtent de faire ça au bout de 5 ans, alors nous, tu penses ! On n’a qu’une envie, c’est changer de sujet. On passe déjà assez de temps comme ça à s’occuper d’eux, on ne va pas y passer nos soirées en plus. Alors quand l’IME nous propose régulièrement des petites soirées entre parents pour échanger sur des thématiques concernant nos enfants, le premier réflexe de tout le monde c’est de perdre la feuille avec les infos pratiques.

Mais généralement, la directrice et les psychologues se déplacent pour ces soirées et surtout prennent sur leur temps libre pour encadrer les réunions. Alors je me suis dit que j’allais quand même y faire un tour car c’était littéralement dans la rue d’à côté et que je n’avais vraiment aucune excuse pour ne pas y aller. (L’excuse habituelle « j’ai un enfant handicapé » ne marche pas). Et là, sortant juste d’une journée de boulot de parisienne toujours un peu speed, je bute sur la bulle de chamallow géant dans laquelle vivent les pro du médico-social. Plof.

Je suis la première arrivée (bon, j’ai l’habitude) et peu, très peu de parents nous rejoignent. On poireaute en attendant des gens qui ne viendront pas, on s’installe avec 20 minutes de retard et au ralenti à une table où aucun serveur ne viendra jamais nous voir, on attend encore d’autres participants (y’en a pas) et on commence enfin à entrer dans le vif du sujet en parlant tout bas. Oh que ça m’énerve.

Maintenant qu’on est là, faisons un débat ! Coupons-nous la parole, rions, pleurons, parlons, racontons. Bon sang c’est pas si compliqué de lâcher les vannes sur la vie hyper bizarre et totalement hallucinante que nous font vivre nos enfants. On devrait s’échanger des astuces, on devrait picoler, on devrait inventer des trucs, apporter des bouquins, discuter toute la nuit, se marrer et recommencer la semaine d’après. Juste au moment où l’ambiance commence enfin à devenir intéressante, c’est fini, il faut partir. Non mais sans blague on se croirait à un goûter d’anniversaire de quand on était petits (« jveux pas yaller » « quoi on s’en va déjà ? »).

Ces réunions sont essentielles. J’ai trouvé des réponses à mes interrogations existentielles dans mes échanges avec les autres parents (des pères, en plus !) et nos échanges ont été très riches, très instructifs et passionnants. Secouez-moi tout ça, bon sang, rameutez les troupes, relancez, demandez un coupon-réponse, supprimez les allocs de ceux qui ne viennent pas, faites quelque chose !!!

Parents de l’IME des Tout-Petits de la rue du Borrégo à Paris, VENEZ aux réunions, c’est un ordre.

Et bonne journée à vous tous.

 

 

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